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 Nelilith

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Nelilith
Nouvelle recrue
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Nombre de messages : 5
Age : 30
Date d'inscription : 02/11/2006

MessageSujet: Nelilith   Ven 3 Nov 2006 - 9:03

Les premieres lueurs du soleil ne tardèrent pas à percer les volets, et rapidement sa chambre fut baignée de cette lumière matinale. Son père déjà levé et prêt à partir s'empressa de lui rappeler ses obligations d'une voix clair et imposante de par l'étage qui les séparaient. Puis des grognements et soupirent accompagnèrent cette longue tirade quasi quotidienne. Nelilith finissant de se préparer ne put s'empêcher de sourire, et d'un bref claquement de porte, descendit rejoindre son père. Le ventre creux, les yeux plissés, ballotté sur cette charrette grinçante et usée, il accompagnait son père aux champs. L'air encore humide ne tarderait à s'assécher, il leur fallait profiter de ses premiers instants.
Voilà prêt de 17 ans, que chaque matin, se rituel se répète sans que chacun y trouve à redire. Tant qu'il y aurait les cultures familiales à s'occuper, père et fils et cela depuis 3 générations, s'y rendraient et assumeraient leur héritage agricole.

Nelilith n'avait jamais quitté ce foyer et ce village. Bercé depuis sa tendre enfance par une mère attentionnée et un père rude et aimant, il n'avait pas eu de mal à s'imposer parmi les hommes les plus vigoureux du village. Tous le connaissaient, et beaucoup parmi les plus anciens reconnaissait, le sourire aux lèvres et la voix chevrotante, en lui la force et le calme de ses pères. Ces derniers n'hésitaient pas, au mécontentement de sa mère, à tenter d'éveiller en lui des élans de conquête au travers de récits plus épiques les uns que les autres, où chacun y allait de ses souvenirs et de ses rêves inavoués.
Pourtant et malgré les efforts des anciens, Nelilith restait, avec une certaine satisfaction, ce jeune garçon de ferme, ballotté sur cette charrette grinçante et usée.

"La vie est un rêve…"

C'est aux abords de sa 23e année alors qu'il prenait peu à peu la place de son père fatigué, que la guerre et les hommes envahirent peu à peu les provinces de Delphes. Peu à peu alors que chacune des provinces alentours tombaient sous le joug des Athéniens, la petite bourgade semblait, comme oubliée, échapper au tumulte de la guerre. Ce n'est qu'un matin comme les autres, où dans sa chambre baigné de soleil, occupé à se préparer, que Nelilith entraperçu au loin les vapeurs de sang et de sueurs envahirent le village. Son père comme à son habitude le pressa. Il ne put cette fois ci, esquissé un sourire. Il descendit, les lèvres pincées et les mâchoires saillantes. Son père, à son habitude grognard lui ordonna de sa voix mure et usée de monter dans cette charrette.

Cette dernière l'emporta, lui et lui seul vers un horizon inconnu. Les grincements et craquements de ce landau accompagnèrent les dernières visions de la ferme familiale, envahit par les hommes assoiffés. Le nuage de poussière couvrit les cris et le claquement des armes. Ces yeux s'emplirent de larmes et son corps ballotté s'affaissa sur le flanc gauche. Il mourut une première fois sur cette charrette.

"…dont la mort…"

Depuis maintenant 3 ans, il parcourt les terres en direction du sud. La charrette n'avait pas résisté longtemps. Il voyageait désormais au gré de ses rencontres, tantôt bonnes, tantôt malheureuses. Ces trois années furent parmi les plus douloureuses de cette vie. Peu d'épisodes glorieux aux égard d'autres dont il préfère encore aujourd'hui oublier les cicatrices.

Ce jour ci, fut un jour particulier. Aujourd'hui encore il ne pourrait vous en parler sans que ses yeux se gorgent et que sa voix ne faiblissent. Arrivé aux abords de la côte, le vent lui effleurant les paumes, il aperçu pour la première fois la mer et son rivage. D'un pas lent et hésitant, il rejoignit le bord de plage et ne tarda à y plonger ses mains. L'eau et l'écume lui chatouillèrent la plante des pieds, et ses mains sableuses se joignirent. Il ferma les yeux et commença à longer la côte. Il rejoignit ainsi le port. Les hommes s'agitaient en tous sens, le cris et beuglement des marins résonnaient; plusieurs bateaux s'attelaient. Ses bras et jambes sans qu'il ne puisse protester furent mis à contribution et, chargé comme un mulet, il monta et descendit à plusieurs reprises du bateau. Il ne put se refuser un instant de répit, et contempla le grand mat et la voile rabattue. Un homme le bouscula alors et prit son nom. Il n'eut pas le temps de contester et fut engagé comme équipier. L'ancre relevée, les voiles s'abattaient et le navire ne tarda pas à vibrer. Le soleil couchant éclaira les derniers instants de cette journée où son sourire pour la première fois ne s'effaça pas. La nuit tombait, à la demande d'un des hommes du pont supérieur, il descendit à la cale. Là, et alors qu'il s'apprêtait à remonter les mains pleines, le noir absolu envahit la pièce. Des pas se firent entendre et avant même qu'il ne puisse crier, une lame froide et rouillée pénétra en lui. Il s'effondra sur le sol. Son sang s'écoulait, ses yeux se fermèrent, et son sourire, gravé, persista.
Il mourut une seconde fois ; le corps ballotté, le bois craquant et grinçant sous son poids.

"La vie est un rêve dont la mort …"

Son corps se vida intégralement de son sang. Ce dernier s'infiltra au travers des interstices du bois et quelques gouttes vinrent se mêler aux flots. Le bateau alors, s'enfonça petit à petit dans la mer. L'eau entoura peu à peu ce corps sans vie. Son sang emporté par l'écume, se mêla à l'océan, et sa chair porté par le courant, telle une algue lassive, fût bercer par les flots. Une présence et une chaleur jusqu'à alors inconnues le guida dans ce sommeil infini.

"… nous réveille."

Une voix résonna et il sentit le sable fin glissé sous la paume de ses mains. Échoué sur la plage, aux abords du Cap Sounion, un homme l'attendait. Sa voix et se yeux mirent un certain à s'éveiller. L'homme patient le regardait, le scrutait de part en part.

-"Ta venue m'a été annoncé. Ta vie et ton corps ont été épargné. Ton esprit et ton bras lui appartiennent désormais. Lève toi et rejoint moi. Prouve lui, et prouve nous que tu mérites cette armure et ce don. Sens en toi la force qu'il t'a transmise, et demeure auprès de lui et de nous tous."

"La vie est un rêve dont la mort nous réveille…"
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Pestilenz
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MessageSujet: Re: Nelilith   Ven 3 Nov 2006 - 10:48

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Bienvenue sur le forum de Poséidon Nelilith ! Ton BG est très sympa, et j'espère que tu plairas chez nous ! En cas de questions, je suis à ta disposition Wink
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Nelilith
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