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 BG Yanahël

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Yanahel
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MessageSujet: BG Yanahël   Mer 9 Mai 2007 - 16:43

« Il va revenir, tu verras… Un jour il viendra et il nous emmènera loin de tout ça. »

Je ne compte plus le nombre de fois où ma mère m’a dit cette phrase.
Répétés comme une litanie, les mots revenaient sans cesse à chaque instant de la journée. C’était sa prière, son leitmotiv, ce qui la supportait tout au long de ces journées interminables où elle devait assouvir les moindres caprices de la première épouse royale.
Quand elle les prononçait, elle avait cette petite flamme dans les yeux. Cette lueur que j’avais appris à détester avec le temps et qui me valait à chaque fois d’interminables monologues.


Elle l’avait aussi le jour où elle a quitté ce monde de souffrances.
Ce jour où je me suis retrouvé seule.
Je m’en souviens parfaitement. Ma mère était étendue sur la fine couche emplie de paille, recouverte d’un drap de lin sale et déchiré. Tous les soirs elle s’y installait pour dormir quelques heures, avant de se lever pour retourner accomplir sa tâche d’esclave auprès de Pharaon.
Mais depuis neuf longues journées, elle ne l’avait plus quitté, affaiblie par une mauvaise toux et un mal incurable qui rongeait inexorablement son corps anémié. La fièvre la plongeait par alternance dans d’étranges délires, où elle retrouvait celui qui lui avait fait cadeau de ma naissance.


Pendant son lent déclin, elle me parla de lui, encore et encore. Et comme à chaque fois, je retenais mes larmes et ma colère.
Cet homme qu’elle avait aimé, mon père l’appelait-elle, devait l’épouser, l’emmener loin de ce pays de souffrances et lui permettre de me donner la vie, libre.

Quelle bonne blague.

C’était un grand guerrier selon les dires de ma mère, un soldat de l’armée de Poséidon. Un homme d’honneur, noble et doté d’une grande âme. Il avait du précipitamment rentrer au service de son Dieu à cause de je ne sais quelle guerre qui se préparait, laissant la jeune esclave qu’elle était, seule, emprisonnée et enceinte d’un enfant dont elle ne savait comment le nourrir, au milieu d’un peuple enchaîné qui désavouait celles concevant la vie en dehors des liens du mariage.
Et ma mère l’attendait toujours, depuis douze longues années. Elle n’avait jamais mis en doute sa parole et croyait dur comme fer qu’il allait effectivement revenir nous sauver. Malgré les privations, les insultes de certains, elle avait gardé la tête haute et m’avait élevé en priant son Dieu de lui ramener mon géniteur.

Et moi, j’étais restée transie de désespoir à ses côtés, trop triste et effrayée de la voir disparaître, pour oser ne serait-ce qu’une seconde lui porter contradiction.
Puis elle m’a sourit une dernière fois, m’a dit qu’elle m’aimait, et s’est éteinte.


Je me souviens avoir quitté la minuscule habitation en pleurant toutes les larmes de mon corps, courrant à en perdre haleine dans le crépuscule moite de l’été.
Je me souviens avoir rejoint le Nil et m’être agenouillée au bord de ses eaux calmes et d’avoir juré sur son flot silencieux de retrouver celui qui avait bercé ma mère d’aussi cruelles illusions.

J’ai versé mes dernières larmes ce soir là.



Les deux années suivantes de ma vie se sont écoulées dans une écoeurante monotonie. J’avais repris la place de ma mère et servait, ombre désincarnée à leurs yeux, les épouses royales de Pharaon. A la nuit tombée, je rentrais chez moi, essuyant les regards désapprobateurs de ceux qui faisaient partie de mon peuple. Je les haïssais. Ils n’avaient pas daigné lever le petit doigt pour soulager ma mère lorsqu’elle était tombée malade, sous prétexte que les enseignements de leur Dieu réprouvaient les actes qu’elle avait commis.
Seule une des anciennes amies de ma mère trouvait grâce à mes yeux. C’était elle qui nous avait apporté à manger et qui s’était occupé de moi lorsque je m’étais retrouvée seule.
Myriam passait me voir aussi souvent qu’elle le pouvait, prenant de mes nouvelles, m’encourageant lorsque je perdais tout espoir de sortir de ce cauchemar.
C’est elle qui m’a donné la clé de ma liberté, et pour cela, je lui en serais éternellement reconnaissante.

C’était un soir comme les autres, où j’étais rentrée fourbue et épuisée de mon service. La seconde épouse royale s’était montrée encore plus odieuse que d’habitude et j’avais dû, une fois encore, me plier à ses moindres volontés. J’avais eu le plus grand mal a refréner ma colère et une fois encore, une étrange puissance m’avait envahit alors que mes poings se serraient tandis qu’elle m’insultait copieusement. La tête baissée, j’étais sortie des appartements princiers et j’avais attendu d’être près du fleuve pour laisser éclater ma rage.
Ces éclats étaient peu courants, ils effrayaient Myriam et avaient toujours surpris ma mère de son vivant. Pour elle, ils étaient la preuve que j’étais la digne fille de son amour.
Moi, je m’en fichais éperdument, tout ce qu’ils représentaient pour moi, c’était une possible solution pour fuir cet enfer.

Ce soir là, Myriam était à proximité lorsque la puissance se déversa dans mes veines et qu’un étrange halo doré recouvrait mon être, irradiant une force comme je n’avais jamais connue
Une fois encore elle resta à distance, mi-impressionnée, mi-apeurée, ne s’avançant à ma rencontre qu’une fois ma hargne apaisée.


« Ne devrais-tu pas apprendre à maîtriser ces excès, Yanahël ? »
Me demanda-t-elle une nouvelle fois. Je souris.

« Faudrait-il encore que je sache comment faire pour cela… Personne ici ne semble avoir le même problème que moi. »

La femme baissa la tête, comme chagrinée.

« Je sais. »

Elle s’approcha de moi et posa une main amicale sur mon épaule.

« Mais ailleurs dans ce monde, sans doute… Et tu devrais peut être songer à chercher quelqu’un comme toi. »

Je partais d’un grand rire.

« Chercher quelqu’un comme moi ? Oh Myriam, faudrait-il encore que je puisse quitter ce pays de poussière et de misère ! »

Je me tus en voyant le regard de mon amie.

« Myriam ?

- J’ai un… moyen pour toi de partir d’ici. Il n’est pas sans risque.

- Qu’est ce que tu dis ? »
Je l’empoignais par le bras.

« Un moyen pour partir ? Qu’est ce que c’est ? Racontes-moi !

- Une caravane doit quitter Thèbes demain pour la demeure d’été de Pharaon. Certains esclaves sont envoyés là-bas également. Il est possible de t’y cacher et tu pourras t’enfuir durant le voyage… »
M’expliqua-t-elle calmement en desserrant doucement mon étreinte.

« … Mais ce n’est pas sans risque, les soldats seront nombreux et surtout…

- Surtout il y aura le désert à traverser… »

Je terminais la phrase de Myriam, amère. La brève lueur d’espoir que j’avais entrapperçu venait de se transformer en un braisier mortel auquel il me serait impossible de survivre.

Pourtant…


« Myriam… »
Les yeux baissés, j’épelais avec douceur le nom de mon amie.

« Myriam, je vais avoir besoin de ton aide…

- Que veux-tu dire ? »
Me répondit-elle, étonnée.


« Il me faut une outre d’eau, et quelques provisions. Pourrais-tu me les apporter ce soir, près de l’entrée Est du palais ? »

Ma requête surpris visiblement la femme. Elle ouvrit grand les yeux et s’apprêtait à protester quand je l’arrêtait.

« Ne cherches pas à m’en empêcher. Si tu ne voulais pas que je prenne le risque, tu ne m’en aurais pas parlé… »

Je soupirais.

« Et puis si je pars, cela arrangera tout le monde, toi comprise, pas vrai ?

- Mais qu’est ce que tu racontes ? Je…

- N’en dis pas plus s’il te plaît. Je me doute que ton mari et ta famille n’approuvent pas que tu t’occupes de moi. En partant, tu n’auras plus à subir leurs remontrances, tu seras débarrassée de mon fardeau. »
Rétorquais-je, cinglante, cachant la douleur de l’adieu en agressant l’unique personne qui ne m’avait jamais rejetée. Mais derrière les mots transparaissait une vérité incontestable : la vie de Myriam était devenue un enfer ; partagée entre les siens et l’enfant méprisé de sa défunte amie, elle avait espacé nos rencontres et vivait dans la crainte de voir les mensonges qu’elle inventait pour aller me voir découverts par son époux. Si tel avait été le cas, nul doute que le chatîment qu'il lui aurait infligé aurait été exemplaire...

Mes paroles la choquèrent, je pu le voir aux larmes qui remplirent soudainement ses yeux d’ébène. Dans un dernier élan d’amitié, je saisi ses mains et les serrait contre mon cœur.

« Tu es la seule que je regretterais… Je t’attendrais près de la statue d’Horus au lever de la lune… »

J’ai alors lâché ses mains et lui ait tourné le dos en commençant à courir vers la ville.

Myriam exauça ma dernière prière et m’apporta quelques réserves d’eau et de nourriture dans la nuit. Elle me les donna, sans un mot, et disparue dans la nuit avec un dernier sourire.
J’étais seule désormais.

Les souvenirs de ma fuite et de mon errance dans l’erg sont confus et disparates, je ne saurai dire combien de temps j’ai erré dans cet enfer de roches et de sables.
La seule chose qui ai marqué ma mémoire est mon arrivée sur la côte.
Pour la première fois de ma vie, je suis tombée amoureuse.
Amoureuse de cette étendue furieuse et sauvage que l’on nomme l’océan, immuable et impétieux, incontrôlable et libre.
J’étais en transe, comme paralysée, à genoux au sommet de la dune qui surplombait le rivage, remerciant les éventuels dieux qui seraient à l’écoute de m’avoir permis d’admirer cette merveille de mon vivant.
Hypnotisée, je me rappelle m’être avancée jusqu’aux vagues, baignant mes jambes écorchées dans l’eau froide et tourbillonnante, trop abasourdie par leur grondement incessant pour ressentir la douleur du sel sur mes plaies ; puis j’ai dû perdre connaissance, mon corps et mon esprit épuisés par des jours de privation et de souffrances.

J’ai plus tard recouvré mes esprits installée sur une couche de fortune, dans un petit village côtier ; les nomades qui l’habitaient m’avaient trouvée inanimée et m’y avaient ramenée. Ils ont veillé sur moi alors que je délirais, envahie par la fièvre qu’avait causé mon errance à travers les plaines arides qui bordent le nil.
Lentement, je me suis remise, nourrie, soignée, et au bout de quelques temps, je suis à nouveau partie, poussée par une étrange énergie, ne pouvant comprendre pourquoi je quittais mes sauveurs alors que ces derniers m’avaient offert une place en leur sein.

Mon périple fut long et difficile, j’ai longé la côte vers le soleil levant et ai vécu pendant quelques temps de petits larcins, sans réellement savoir ce que je ferais ni où je serais le lendemain.

Pendant plus de deux ans, j’ai navigué aux côtés de pirates dans les eaux perses, j’ai été une courtisane sans scrupules dans leurs villes et voleuse pragmatique dans leurs marchés, profitant sans vergogne des humains et de leurs si pathétiques faiblesses.

Vile profiteuse, fille sans morale, me direz-vous.


Je répondrais oui, qualifiez-moi de tous les noms et injures que vous voudrez, cela ne m’attend guère, j’avais une guerre à gagner, celle de ma survie et dans celle-ci l’honneur, l’honnêté et la droiture n’avaient pas leur place.
Et j’ai gagné lorsqu’un commerçant fourbu par un long voyage ne s’épanche, étendu dans mes draps de soie, sur le difficile marché qu’il avait conclu avec des guerriers grecs, serviteurs du Dieu de la Mer, Poséidon.

Mon sang ne fit qu’un tour et à la lumière des photophores, dans la légère brume des encens et du musc, je lui ai soutiré le nom et l’emplacement de leur ville ; il m’en fallu encore moins pour dérober la carte dessinée sur un parchemin de papyrus qu’il croyait garder à l’abri de toutes jalouseries dans ses riches atouts.
J’avais désormais la carte de mon avenir dans les mains et du courage à revendre pour le faire devenir aussi brillant que l’astre du jour.

J’ai alors laissé mon marchant perse, mes pirates et compagnons de cambrioles derrière moi et ai repris mes périgrinations jusqu’à arriver au port de Tamenos, dans la contrée grecque du Cap Sounion.


Et maintenant, non sans mal, me voici sur les quais. Je dois me rendre près d’une grotte au sortir du port. Un vieux fou m’a dit que c’est là-bas que je pourrais trouver des guerriers au service de Poséidon, et si j’avais de la chance, devenir l’un d’entre eux.

Cette chance, je la forgerais moi même.
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Pestilenz
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MessageSujet: Re: BG Yanahël   Jeu 10 Mai 2007 - 9:24

Super Yana, tu écris vraiment bien. Comme je le pensais, ton BG est parfait, et je ne pourrais y ajouter quoi que ce soit Wink

Ton personnage est attachant, cela sera dommage que je sois obligé de le tuer dans la grotte Twisted Evil

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Yanahel
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MessageSujet: Re: BG Yanahël   Jeu 10 Mai 2007 - 11:42

Mais heu méchant !
S'en prendre à une jeune femme frêle, fragile et vulnérable (qui n'a, en plus, encore rien demandé à persone^^) c'est bas, vil et mesquin ! Sad

Comment ça chuis pas crédible?!
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MessageSujet: Re: BG Yanahël   

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BG Yanahël
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